L’impact du conflit au Moyen‑Orient sur la supply chain

Montée des risques et résilience des chaînes mondiales
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Le conflit provoque un choc immédiat sur les chaînes d’approvisionnement par trois canaux : l’énergie, les intrants industriels critiques en provenance du Golfe, et la logistique internationale, notamment les flux Asie–Europe. Ces canaux conjugués entraînent une hausse des coûts et un risque accru de ruptures, avec des conséquences opérationnelles et financières directes pour les entreprises.

Le canal énergie est le plus visible. Le détroit d’Hormuz reste un goulot stratégique (≈20 % des liquides pétroliers mondiaux transitent par ce passage) et les marchés ont réagi fortement : Brent +25 %, gaz européen +56 %, kérosène +58% sur la période référencée. Ces tensions pèsent sur les coûts de production et de transport et se répercutent en aval.

Le Golfe fournit des intrants critiques tels que l’urée, le phosphate, l’ammoniac, le méthanol, les polymères (PE/PP), l’aluminium, le soufre et l’hélium, dont les prix ont déjà fortement augmenté et qui alimentent l’agroalimentaire, la fabrication, la santé et les hautes technologies. La raréfaction ou le renchérissement de ces matières peut générer des effets en cascade sectoriels.

La logistique Asie–Europe est profondément perturbée : reroutage via le cap de Bonne‑Espérance (allongeant les transits de 8 à 15 jours), contraintes d’assurance et surcharges de fret (surtaxes carburant/conflit, hausses unitaires pouvant représenter 11–14 % sur certains itinéraires). Ces facteurs rallongent les délais, réduisent les capacités et augmentent les coûts de transport.

Les entreprises font alors face à la hausse des coûts des intrants, des délais plus longs, une pression sur le fonds de roulement et érosion des marges, avec des risques de rupture sur produits critiques. Même si les hostilités s'atténuent, une normalisation immédiate est peu probable ; les effets en aval peuvent persister pendant des jours, des semaines, voire plus longtemps, au fur et à mesure que les flux, les couvertures d'assurance et les capacités se rétablissent progressivement.

Priorités opérationnelles immédiates

  • Quantifier l’exposition : cartographier intrants, sites et flux dépendants du Golfe.
  •  Coordonner approvisionnement, procurement, trésorerie et risques autour d’une base de décision partagée
  • Actions ciblées : sécuriser approvisionnements critiques, confirmer routings alternatifs, revoir plans de contingence, et réévaluer couvertures d’assurance et besoins de liquidité

Il apparaît que le choc actuel est large, multi sectoriel et susceptible de durer au-delà de l’épisode de violence active. La réponse prioritaire n’est pas de prédire l’évolution géopolitique mais de quantifier rapidement l’exposition des différents acteurs et de préparer des actions ciblées dans les domaines de l'approvisionnement, de la logistique, des stocks, des contrats et de la gestion de trésorerie.

Cet article reflète les informations disponibles au 11 mars.